Pour illustrer en musique cet article... Renaud a chanté "étudiants poils aux dents" : ICI

 

Posez la question  "que font les étudiants en fac de sport?" à votre entourage et la plupart répondront : rien, ils sont étudiants et sportifs.

Alors cet article va essayer de faire tomber ces stéréotypes que les Stapsiens ont collé à la peau. Petite info : le petit nom des étudiants en fac de sport est Stapsiens (stapsiennes, au féminin).

Tout d'abord, commençons... par le commencement.

Fac de sport = prof de sport? Noooooooon! Hurlent ceux partis en kiné, recherche, sport adapté, pompiers. La licence STAPS est d'abord une licence comme peuvent l'être les licences en droit, lettres, médecine.

Les stéréotypes véhiculés le plus souvent?

En STAPS on ne fait que du sport, on fait tout le temps la fête, les cours ne sont pas sérieux (le sport n'etant pas un sujet sérieux) et il faut être très sportif pour être bon en STAPS.

Rectifions ces stéréotypes dans l'ordre.

La première année de licence est certes proche de quinze heures de cours dispensés dans un gymnase ou toute autre structure sportive. La pratique est parfois intense mais les cours théoriques sont tout aussi valables en temps et en intensité (qui n'a jamais rêvé de sécher ces trois heures d'anatomie ou ces théories de chaque sport pratiqué?). En première année, on note que 73% des étudiants réussissent et passent en deuxième année (pêché ici), pour ceux qui échouent, beaucoup se réorientent, certains réessayent. La routine d'une filière comme les autres.

La deuxième et troisième année arrivent avec des spécialisations (la troisième année étant la plus poussée dans la spécialisation), la pratique sportive est moins intense mais elle est d'un tout autre gabarit : l'enseignement/l'animation/l'accompagnement (selon la filière STAPS choisie). Nous y reviendrons.

Tout cela pour dire que non en STAPS on ne fait pas QUE du sport. On fait aussi de la législation, de l'histoire du sport, de la sociologie du sport, de la théorie de chaque sport pratiqué, de la mise en pratique de séance à animer, on apprend à rédiger des mémoires, des soutenances, des rapports, des séances. Oui, les STAPS savent écrire et essayent de le faire correctement.

 

Aaah! Les fêtes et autres soirées. Il est vrai que la légende urbaine veut que les Stapsiens soient les maitres des soirées (probablement lié au fait qu'ils ne fassent que du sport en cours, si vous voyez ce que je veux dire). Les légendes urbaines, restent des légendes urbaines. Non pas que je ne veuille pas faire l'apologie de ma filière, mais il me parait juste de dire que chaque fac à sa manière de faire la fête et que les Stapsiens ont une manière très... sportive de la faire. Toujours est-il que les Stapsiens ne font pas toujours la fête. Is sont juste bons lorsqu'ils la font et cela marque les mémoires.

 

Les cours ne sont pas sérieux? Oui, c'est vrai que le sport n'est pas toujours vu comme une véritable matière. Toujours est-il que certains obtiennent des doctorats en STAPS... Les cours sont dispensés parfois par des enseignants en médecine : est-ce que cela va rassurer les ménages? J'espère que non, sinon cela pourrait être embêtant pour nous, stapsiens. Mais le défi est d'apprendre toute la législation pour créer une association/monter son entreprise, accueillir un public spécifique, l'histoire complète des Jeux Olympiques, l'anatomie d'un être humain. Apprendre à dessiner un schéma de badminton pour permettre aux joueurs de mieux se représenter ce qu'ils vont faire tout au long de la séance, apprendre le nom des molécules de médicaments dont vous ignoriez tout deux minutes avant, comprendre en un clin d'œil que la personne sur la vidéo que vous regardez (et qui en apparence semble normale) est en fait entrain d'effectuer un mouvement de la mauvaise manière, comprendre les besoins énergétiques d'un individu sportif ou non en ayant la possibilité d'inclure une régime spécifique lié à une maladie. Bref! En STAPS les cours sont comme partout : parois très simples à assimiler et parfois très compliqués. La fac de sport reste une faculté comme les autres. Même si en STAPS, les profs peuvent être assis sur une table mimant l'assise dans un kayak pour démontrer qu'esquimauter n'est pas compliqué avec un bon gainage abdominal ou encore esquisser un dribble en plein milieu d'une rangée de tables.

Il faut être très sportif pour être en STAPS? Je pourrais répondre à ce stéréotype par un autre stéréotype : Avez-vous déjà vu un prof de sport FAIRE du sport? Je pourrais arrêter ma réponse ici, mais ca serait une offense à tous les profs de sport. En réalité, on dit souvent "un bon pédagogue ne connait pas forcément le sujet : il sait simplement l'amener correctement". En STAPS, on pratique au cours de nos trois années de licence, environ une vingtaine de sports (à plus ou moins long terme), cela impliquerait que tous les étudiants doivent être bons dans ces vingt sports là? Impossible. Il suffit d'aimer ce que l'on fait et d'avoir une condition physique acceptable pour entrer en fac de sport.. et comme je le disais précédemment.. il n'y a pas que la pratique en STAPS : il y a aussi de la théorie!

Après ce (très) court descriptif de la filière STAPS, passons à ce qui nous intéresse le plus : nous, évidemment!

Nous? la filière APAS (ca fait tout de suite beaucoup moins egocentriques).

APAS... APAS... oui, cet acronyme vous est familier? Deux options : vous avez quelqu'un dans votre entourage qui côtoie ou est dans cette filière là… soit vous avez bien lu ce blog (je vous en remercie!) et vous avez bonne mémoire. Regardez en haut à droite de la page vous trouverez le descriptif e ce blog ' APAS : Activités Physiques Adaptées - Santé. Parlons handicap, parlons du sport, parlons du sport et du handicap. Adaptons le sport au handicap. Apprenons à adapter le sport au handicap.).

APAS : Activités Physiques Adaptées - Santé. Nous pourrions récapituler cet acronyme en sport et handicap.

Ah! Le handicap. Vaste sujet, grands tabous, grandes questions, grands mystères. Un sujet tel que le handicap est dans nos sociétés depuis toujours (nous sommes remontés à l'époque égyptienne et bien avant encore!). Connus sous différentes formes (ces sorcières, voyantes et autres terreurs fascinantes de la société). Mais je ne suis pas là pour vous faire un cours de sociologie du handicap (cela n'aurait pas grand intérêt ici). Le handicap fascine, effraie et divise nos sociétés.

Aujourd’hui, à nous étudiants, ce sujet nous donne... du travail! Alors pour être professionnels dans le milieu encore très fermé du handicap, nous passons par divers cours (vous trouverez ici, la plaquette de notre filière). Ces cours sont par exemple : sociologique du handicap, des stages en structures, activités motrices, anglais, pharmacologie, psycho comportementale, neurophysiologie, informatique, etc. Nous sommes aussi en pratique avec un public spécifique tout au long de l'année. Cette année, en dehors de nos stages individuels qui sont différents, nous avons été amené à suivre (liste non-exhaustive) : des enfants déficients visuels en activité cirque, des adultes ayant subi un traumatisme crânien en activités culturellement ancrées dans le cirque, la gymnastique, la danse, les sports de raquette, des personnes handicapées mentales en natation, des adolescents admis en hôpital de jour en natation.

A la fin de la troisième année, nous rédigeons plusieurs dossiers qui rendent compte d'un vécu de pratique dans l'accompagnement au niveau sportif d'un public spécifique. Il y a aussi des oraux et des écrits sur table (comme des vrais partiels). Oui, je ne mentais pas un peu plus haut dans ce post : les STAPS savent écrire et ils ont de vrais cours!

Mais que faire avec une licence STAPS APAS?

Excellente question! Revenons quelques paragraphes plus haut et répondons "rien". Mais en fait, ca serait un mensonge. Avec une licence, on peut accéder à certaines écoles ou professions demandant un niveau BAC +3 quel que soit le diplôme (pompier, par exemple.). Mais si on n'a pas fait une licence STAPS APAS pour le plaisir d'aller faire autre chose de complètement opposé on peut aller dans plein d'endroits extrêmement variés (je vais en oublier plein et n'hésitez pas à en rajouter en commentant) : enseignant APA, travailler dans un IME, un CAJ, dans un centre de jour/nuit pour adultes handicapés  mentaux, etc.


Je vais arrêter mon long post ici avec l'espoir d'avoir répondu à certaines questions et surtout d'avoir pu faire tomber certaines barrières concernant notre filière.

N'hésitez surtout pas à poser des questions, nous serons ravis d'y répondre.